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Connaissez-vous Thamar ?

Comme son nom l’indique, Thamar est un lutin. C’est à lui que Paul, le père de Sébestan a confié la carte qui permettra à Sébestan de retrouver la clé objet de sa quête. Ce petit bonhomme parfois irascible est un joyeux drille mais un piètre chanteur. Et pourtant, il chante ! Passionné par les instruments de musique, il voue une passion toute particulière au bouzouki irlandais.

Mais quelle est cette cacophonie grotesque qui vient couvrir le son de la caresse du vent sur les feuilles et les mille et un petits bruits caractéristiques des sous bois ? Ne serait-ce pas une chanson ? C’est bien cela. Au fur et à mesure qu’ils avancent, une clairière se dessine et nos deux amis perçoivent plus nettement le timbre oblitéré d’une voix auquel s’ajoute une molle mélodie tirée à grand peine d’un instrument de musique. Ils doivent encore faire quelques dizaines de pas pour voir enfin un petit homme adossé au tronc d’un arbre. Il chante à tue-tête en s’accompagnant d’une sorte de mandoline au manche démesurément long. Sébestan reconnaît maintenant cet air, pourtant, à entendre cette interprétation très personnelle, il a peine à croire que c’est, à l’origine, une très belle chanson d’amour.
– Ah ! Voilà notre ami Thamar, dit Guilhord.
– Quoi ? Thamar ? Mais c’est un tout petit bonhomme ! Sébestan n’en revient pas : Thamar est tout le contraire de ce qu’il imaginait.
– Je ne suis pas un petit bonhomme mais un lutin. Et sache qu’il ne faut pas pousser le lutin Thamar à bout, dit le bruyant petit homme.
– Bout de ficelle, rétorqua Sébestan.