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Du blé dans les poches ou sur les vêtements ?

Argent, pognon, galette, radis, flouze, oseille, blé… Quel que soit le nom qu’on lui donne, tout le monde veut sa part et certains sont prêts à tout pour en avoir un peu plus que les autres. Le cas du boulanger est exemplaire car il est bien l’un des seuls à pouvoir faire du blé à partir de la farine (et non l’inverse). Magie me direz-vous ? Non point. Le boulanger est un malin… Il a inventé le concept des pains de « tradition », c’est à dire qu’il fait tout bêtement le pain comme il n’aurait jamais dû cesser d’être fabriqué. Il faut dire qu’après l’apparition des terminaux de cuisson, il a dû faire face à une rude concurrence. Pour ne pas se retrouver dans le pétrin, il s’y est donc remis. Depuis, il nous vend soit des baguettes qu’il faut manger bien vite sous peine de devoir les donner aux poules, soit des pains de tradition généralement meilleurs que les autres mais avec un défaut majeur (outre le fait qu’ils sont plus chers) : ils sont enduits de farine. Cela doit faire plus vrai, plus authentique… Mouais ! Conséquence immédiate : dès le retour de la boulangerie, il faut passer un certain temps à brosser ses vêtements car, comme d’habitude, on s’est mis de la farine un peu partout. C’est tout juste drôle, me direz-vous ? Je le conçois aisément mais là où je la trouve saumâtre, c’est quand le prix dudit bout de pain augmente de 5 ou 10 centimes (d’euros) pour répercuter la hausse du prix de la farine. Là je dis, Monsieur le boulanger, j’accepte cette hausse si vous mettez dans le pain la farine dont vous aspergez généralement la croûte (pure décoration incitative d’achat).
Je crois qu’il existe une expression pour ce type d’agissement : rouler dans la farine. Décidément…