Des acadiens à Cherbourg ?

L’Acadie est cédée par la France au Royaume-Uni par le traité d’Utrecht de 1713, à l’exception de l’Île Royale. La population acadienne croît fortement, mais les colons anglais s’installent, fondant Halifax. Suite à la reprise du conflit franco-anglais en Amérique en 1754, les forts français sont pris par l’armée britannique et confisquent les armes aux Acadiens. Les combattants français sont emprisonnés, comme ensuite leurs familles, avant d’être déportés.

Le 30 novembre 1758, au lendemain du saccage du port de Cherbourg par les navires anglais, les quais de la ville voient accoster un bateau anglais, avec à son bord les premiers réfugiés, originaires de l’île Royale et de l’île Saint-Jean, en particulier de Louisbourg, tombée en juillet. Plongés dans le dénuement, victimes d’un état sanitaire déplorable, de nombreux réfugiés meurent.

Deux mois plus tard, un second convoi amène depuis Halifax, le 14 janvier, au terme de 16 jours de traversée, 147 Acadiens originaires majoritairement de la seigneurie de Ponomcoup et du Cap Sable. Parmi eux se trouvent la famille nobiliaire d’Entremont, dont l’ancêtre, le baron Philippe Mius d’Entremont (1601-1700), était originaire de Cherbourg. Les bourgeois locaux organisent leur secours, protestant officiellement contre la décision royale de supprimer la solde accordée aux réfugiés [1]. En 1773, 163 des 228 Acadiens de Cherbourg partent pour le Poitou [2].

Au lendemain de la Révolution française, on compte encore deux centaines d’Acadiens, auxquels l’Assemblée nationale reconduit le versement d’une pension, sur l’insistance du président de la Société des amis de la Constitution locale, Étienne-François Le Tourneur.

D’autres Acadiens ont trouvé refuge dans la Manche, notamment plusieurs familles dans la région de Granville, reconverties dans la contrebande. De plus, en 1760, les autorités envisagent d’installer plusieurs milliers de ces immigrés dans la région de Brix et de Valognes.

Voir l’article de Wikimanche