Voici l’histoire d’Otto Graff telle qu’elle est rapportée dans mon livre « Les aventures de Sébestan » (en vente ici). Selon la légende, Otto Graff le navigateur était un explorateur Viking qui, après avoir débarqué dans l’anse de l’actuelle Port-aux-Signes, a fondé une famille et s’est installé à Rosebourg, sur l’Île aux Signes.

Bien que cela ne saute pas immédiatement aux yeux lorsqu’on le rencontre pour la première fois, Christian Leroy est un génie. Toutefois, la renommée de ce Léonard des temps modernes peinant à dépasser un rayon de 300 mètres autour de son domicile (jusqu’à la boulangerie, peut-être), il aime à se parer, en toute modestie, du titre de Génie Universel Local.

Biographie

Christian Leroy a longtemps aspiré aux titres étrangement peu convoités de « plus grand guitariste manchot » et de « meilleur dessinateur manchot ». Aujourd’hui le Manchot tend à disparaître au profit du Manchois, ce qui est bien dommage et Christian Leroy se contente désormais (bien humblement) du titre de génie. Les pessimistes diront que « la Manche » est un lieu de naissance prédestiné pour un artiste. Certes !
Les aventures de Christian Leroy ont commencé fin 1958. Très tôt, il aime barbouiller puis dessiner. Deviendra-t-il caricaturiste ou ministre, il ne le sait pas encore. Le premier déclic arrive lors de son entrée en classe de sixième et de sa rencontre avec Monsieur Lefèvre au collège Grignard, qui proclame que ce n’est pas parce que l’on peint généralement le ciel en bleu et l’herbe en vert que l’on doit s’y tenir. Plus tard, Christian vérifiera que l’enseignement de ce professeur était de très grande qualité et que les bases inculquées étaient excellentes. Il sera durablement marqué par le travail effectué alors sur la perspective. Après deux années arrive une nouvelle prof de dessin. Cela coïncide avec l’époque où Leroy décide d’étendre ses heures d’apprentissage à quelques autres cours, au grand désespoir de ses professeurs d’alors.
Viendra ensuite la période guitare pendant laquelle Christian continuera à dessiner et à réaliser les affiches du groupe formé avec ses copains… Pendant toute cette période, il s’essaiera à diverses techniques. Il conservera le crayon (graphite, mine de plomb, pierre noire) et le pastel.
Plus tard encore, notre héros partira travailler dans la région parisienne où il entrera dans une société anglaise à la pointe du marché de l’informatique et des produits audio vidéo. Là, il découvre les premiers balbutiements de ce qui deviendra le « graphisme informatique ». Il apprend à apprivoiser Ventura Publisher avec lequel il met en page ses premiers volumes, il crée, rédige et réalise le journal du support technique, remanie avec force schémas les manuels de certains produits grand public, jugés trop peu simples par des clients tels que la R à Roubaix. Il participe également à la traduction des manuels… bref, il découvre que les jouets des enfants sont conçus et fabriqués par des adultes.
Le temps passant, Leroy se fatigue de ses 4 heures de trajet quotidien. Il intègre, pendant une grosse année, un atelier de PAO et flashage. Il apprend à maîtriser un peu mieux Photoshop (version 2) Illustrator et autres XPress. Puis vient le grand tournant : Christian s’établit comme travailleur indépendant. Il réalise des traductions, met en page des manuels… La routine ! Il francise des gros logiciels tels que Winzip et Eudora et réalise pour M. A, son ancien patron, tout un tas de petits documents dont un petit manuel tirant sur la bande dessinée, destiné aux acheteurs d’antennes paraboliques, marché en plein essor à l’époque sous l’impulsion dudit M. A.
Après quelques années, Leroy décide alors qu’il est temps pour lui de revenir à Cherbourg. La passion du dessin ne l’a jamais quitté. Seule la forme a changé. Sur un conseil avisé, il s’inscrit à l’atelier graphisme de l’ESBACO où il fait la connaissance de Louis-Georges CAUVIN. Ces quelques années lui permettront de retrouver durablement la fréquentation de tout son matériel classique. L’encre de chine et le fusain viennent enrichir l’arsenal de ses outils favoris. Son goût de mélanger les techniques devient de plus en plus fort. L’un des exemples les plus aboutis à ce jour reste Les aventures de Sébestan, livre pour les illustrations duquel il mélange habilement les techniques classiques et numériques. Aujourd’hui, notre illustre génie dessine toujours, mais il reste assez réticent à la peinture. Il a pour plaisirs la réalisation d’affiches ainsi que la rédaction de textes crétins aussi, car, vous l’aurez peut-être entrevu, Christian Leroy a pour habitude de faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux !

Techniques

Crayon, encre, pastels, aquarelle (un peu) Tablette graphique, Illustrator, Photoshop.

Domaines

Illustration, écriture, traduction, mise en pages, édition (livres, cartes postales)

Bibliographie

La Glacerie – Mes cartes postales (coécrit et inspiré par Nathalie) Les aventures de Sébestan.

Récompenses

Guillemette d’or 2013, 2014 et 2016 catégorie « Papa t’es le plus beau du monde »

Sites

Comme le livre s’y prête assez bien, les aventures de Sébestan ont donné naissance à plusieurs autres produits qui sont disponibles dans ma boutique en ligne et directement accessibles depuis cette liste.

CatégorieRéférenceTitre
BadgeBC40-002Les aventures de Sébestan – Le badge
MagnetsMH-001Les aventures de Sébestan – Le magnet
MH-002L’île aux Signes
MH-003Gaston le dragon
MV-004Sébestan
LivreSEB-6417Les aventures de Sébestan
Tirage sur papier beaux-artsLN-A3P-002Sébestan et Guilhord sur Kilimandjaro
Tirages sur papier matTPN-001Thamar et son bouzouki irlandais
TPN-002La carte de l’Île aux Signes
TPN-003L’amiral Anthy devant le Kifumpah
TPN-004Roger Piper devant sa maison mitoyenne
TPN-005Sébestan devant le château de Morris
TPN-006Gaston le dragon en plein travail
TPN-007Elmer Quentin s’adresse aux Signais
TPN-008Sur l’éléphant Kilimandjaro
TPN-009Le gardien des tours de Wilghat
TPN-010Sébestan et Guilhord à Rosebourg
TPN-011En compagne de Polycarpe Fouchtras
TPN-144Le bon miel de madame Tine

Elmer est apparu sur l’estrade et se prépare à entamer son discours. Le silence se fait. L’instant est solennel.
– Signaises, Signais… Commence le maire Elmer.
– Si niais ? Il se moque d’eux ?
– Non, Sébestan, les Signais sont les habitants de Port-aux-Signes, précise Guilhord. Attends la suite, tu vas voir, ou plus exactement entendre…
– Le particularisme dû à notre histoire unique ainsi que la mutualisation généralisée des synergies nous permettent d’amalgamer nos compétences dans ce nouveau pôle d’excellence dont nous tirons une immense satisfaction, tant locale que galactique, et réciproquement, poursuit le bonhomme.
– Que dit-il ?
– Rien de spécial, il soliloque…
– Soli quoi ?
– Il tient un discours comme pour lui-même ; il parle tout seul, si tu préfères. Personne ne l’écoute jamais. Les gens ont l’habitude : ils viennent, ne cherchent
pas à comprendre et attendent qu’il ait terminé pour pouvoir boire et manger.
– Il ne s’en aperçoit pas ?
– Jamais. Il pense que ce type de langage est lié à sa fonction et qu’il est normal de le pratiquer. C’est d’ailleurs un xylolinguiste éminent.
– J’aime bien ce mot ! Papa dit souvent que le rabot est le seul correcteur grammatical qui convient à la langue de bois.

Extrait des aventures de Sébestan.
Copyright 2012 – Christian Leroy

L’endroit où les mènent leurs pas n’est pas moins insolite. Ils aperçoivent en effet une haute maisonnette d’un jaune vif blottie dans une clairière. Nul doute que le personnage qui l’habite est aussi curieux que ce lieu. Sébestan a déjà compris qu’il en sera de même pour chaque étape de cette singulière chasse au trésor.
– Guilhord, pourquoi cette maison est-elle si haute alors que le terrain est si vaste dans cet endroit ?
– C’est tout bête, cet homme a habité en ville une grande partie de sa vie. Il y construisait des maisons attenantes qui finissaient par se soutenir mutuellement. Alors, lorsqu’il a construit sa maison en arrivant ici, il a trouvé naturel de construire une maison mitoyenne.
– Oui, mais je persiste à dire que construire une maison mitoyenne isolée est un peu saugrenu.
– Oui, tu as raison… Ce citoyen est un drôle de mitoyen, confirme Guilhord.

Extrait des aventures de Sébestan.
Copyright 2012 – Christian Leroy

Guilhord est le président du syndicat du Monde Magique, c’est lui qui est chargé de la publication du journal de la congrégation des magiciens. Par l’intermédiaire d’un de ses livres, récemment réédité, il réussit à attirer Sébestan sur l’île aux Signes et lui confie une lourde mission : retrouver une mystérieuse clé.

D’abord un peu intimidé par ce bonhomme à l’aspect désuet mais à la grande notoriété (locale), Sébestan finira par trouver en lui un compagnon agréable et un réconfort. Toutefois, Guilhord reste, sous certains aspects, un personnage mystérieux et inquiétant et une question à son sujet restera toujours sans réponse : est-il un vrai mage noir ou un faux mage blanc ?

La Dupart, dite Mademoiselle, est la propriétaire du « Tigre de papier », la boutique favorite de Sébestan et de Zoé. C’est une librairie où ils se sentent comme chez eux. On y trouve tellement de choses qu’il y a même quelques ouvrages rédigés par Paul. Sébestan aime vraiment cet endroit, toutefois, il a toujours une légère appréhension lorsqu’il voit arriver Mademoiselle Dupart qui, avec ses cheveux roux, ses lunettes et son air supérieur et inquiétant, lui évoque immanquablement une fée carabosse de port de pêche. Pourtant, elle lui a conseillé de bien beaux livres dont il se délecte toujours. Contrairement à ce que pense Sébestan, c’est probablement une personne recommandable puisque c’est une amie de Zoé et Paul.

Anthy est un amiral de cavalerie (ce n’est pas si difficile, il suffit pour cela d’avoir passé une partie de sa vie sur un bateau tiré par des chevaux). En réalité, ce n’est plus si simple pour lui car ses chevaux sont partis, le laissant totalement désemparé sur son bateau-maison qui ne peut plus bouger.

– Amiral, je ne voudrais pas vous paraître cavalier, mais je n’ai jamais vu ce genre d’uniforme dans la marine, dit Sébestan pour amorcer la conversation.
– C’est assez normal, mon jeune ami. Sachez que je suis amiral de cavalerie.
– Amiral de cavalerie ? Comment est-ce possible ? Dit Sébestan qui allait de surprise en surprise.
– C’est très simple, précise Guilhord. L’amiral Anthy habite la résidence flottante que tu vois ; elle est un peu particulière en ce sens que c’est un navire hippotracté.
– Hippotracté ?
– Oui, jeune ignorant : il est tiré par des chevaux qui marchent sur la berge.